LES RIVERAINS DE LA BUTTE-AUX-CAILLES

Aimer son quartier et protéger son cadre de vie

Documents officiels : amélioration de la prévention contre la consommation excessive d’alcool et le bruit, mais amélioration partielle et à quand l’application ?

Imprimer la page

 

 

 

 

Les Riverains de la Butte aux cailles

                                                    Aimer Son quartier et protéger son cadre de vie

                      Maison des associations, Boite 84, 11 rue Caillaux, 75013 Paris – lrdbac@gmail.com

           http//www.lesriverainsdelabutteauxcailles.fr

 

Association membre du réseau “Vivre la Ville ! » - www.vivre-la-ville.fr

Membre du Conseil National du Bruit pour le Réseau « Vivre Paris ! »

 

 

                                       A l’attention de Mme LANG et M. BAUPIN, Députés pour le 13è

 

 

 

                                                                              Paris, le 15 février 2016

 

Objet : L’alcoolisation coûte à la société française plus de 120 milliards d'euros selon le Rapport KOPP. Demande de le prendre en compte par une association de riverains de quartiers touchés par l’hyper-alcoolisation et invitation à échanger.

 

 

Madame, Monsieur les Députés,

 

Dans le cadre de notre appartenance au réseau « Vivre la Ville ! », qui regroupe 51 associations nationales et représente des milliers d’habitants victimes des dégâts collatéraux de la vie « festive » nocturne, nous souhaitons attirer votre attention sur le coût que représente, pour l’État français et pour la société française, le poids négatif que font peser sur les finances publiques les problèmes de l’alcoolisation.

 

Aussi nous nous permettons de vous signaler le récent Rapport KOPP (http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/eisxpkv9.pdf) intitulé Le coût social des drogues en Francequi estime que le coût annuel est de  120 milliards d'euros ! Les chiffres dont il fait part résultent de la conclusion d’une étude financée par la Direction générale de la Santé et pilotée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Il s’agit d’une publication d’une rigueur et d’une impartialité irréfutables, dont vous pouvez prendre connaissance grâce au résumé de 8 pages qui y figure.

 

Nous, associations de riverains, constatons combien le développement actuel de l’économie de la nuit est non contrôlé. Il s’accompagne, à travers toute la France, de dérives (alcoolisation, incivilité, ivresse, tapages, déjections sur la voie publique) si importantes qu’elles mettent en péril la Santé de ses habitants. Nous vous parlons de millions

de personnes vivant dans les centres des villes de France où les nuits sont de plus en plus invivables.

 

Encouragées par le lobby du monde de la nuit et sous prétexte d’attractivité et de profit économique à tout prix, les villes françaises se sont en effet livrées à une véritable surenchère pour accroître l’activité nocturne festive sans se préoccuper de ses conséquences en termes de coûts pour la collectivité.

 

C’est ainsi que le développement d’une industrialisation de la fête dans des lieux totalement inappropriés perturbe gravement depuis plusieurs années les conditions de vie des habitants et s’accompagne d’un phénomène d’alcoolisation massive dont les chiffres restent pudiquement cachés.

 

Ce phénomène prend une ampleur alarmante. Il heurte en effet les exigences aujourd’hui prioritaires de respect de l’Environnement, de protection de la Santé des Citoyens, de Développement Durable et d’Aménagement du Territoire.

Il menace la mixité sociale des quartiers, voire l’équilibre du peuplement pluriel des quartiers concernés et génère souterrainement un coût socio-économique élevé en termes de Santé Publique.

 

Les dérives de la nuit mettent ainsi en péril des intérêts d’ordre sanitaire et social colossaux à travers toute la France : santé des riverains soumis à des tapages qui explosent les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé concernant le bruit ambiant et ses émergences sur la voie publique, santé des noctambules confrontés à l’hyper-alcoolisation ou autres substances addictives, insalubrité de la voie publique du fait de diverses déjections, agressions sexuelles et autres formes d’atteintes à la personne.

 

Le Rapport Kopp a le mérite de mettre en lumière les coûts de l’alcoolisation, dont une partie significative est générée par développement non contrôlé de l’économie de la nuit. Après sa publication, nul ne peut désormais ignorer que, chaque année, l’alcool coûte à la société française plus de 120 milliards d'euros.


Le
montant de ce coût social prend en compte la valeur des vies perdues, les pertes de production, la perte de la qualité de vie mais aussi le montant des dépenses publiques de soins, de prévention et de répression tout en intégrant les recettes des taxes et les économies que représentent les retraites non versées.

 

Sachant votre volonté d’agir de façon responsable et éclairée, nous vous invitons à partager avec nous les moyens que vous envisagez de mettre en œuvre pour, enfin, prendre à bras le corps et sans tabou le fléau de l’alcoolisation comme une priorité locale et nationale.